Le saviez vous ?

Fête du souffle au cul

Fête du souffle au cul

Cette tradition pour le moins surprenante et originale se déroule le mercredi des cendres. Les danses et costumes sont différents selon les régions.

La tradition s'est perdue dans la Champsaur mais persiste encore dans quelques régions de France.

Qui souffle ?
Aux premières heures de cette noble tradition, c'étaient les moines qui envoyaient des fumées blanches comme s'ils brûlaient de l'antimoine. Plus tard, cette cérémonie était orchestrée par de jeunes gens en caleçon long, chemise et bonnet de nuit. Parfois les aventuriers étaient déguisés en femmes.

Avec quoi ?
Moines ou adolescents pouvaient souffler de toutes leurs forces en gonflant les joues et en expirant violemment mais pas trop pour ne pas expirer. Le plus souvent, ils soufflaient avec un instrument baptisé " soufflet ". Ce soufflet envoyait bruyamment de l'air, des cendres ou de la farine.

Au cul de qui ?
En général, au cul de celui qui précède dans une danse en file indienne ou à la queue leu leu. Ce serpentin de danseurs tournait en rond, ondulait comme un serpent au gré du meneur. Lors des voltes faces, le souffleur essoufflé était soufflé.
Parfois les souffleurs soufflaient sous les jupes des filles réputées de mœurs " légères " pour leur enlever le démon. Dans certains villages, on mettait le diable en soufflant sous les jupes des plus délaissées par la gente masculine. Dans les Hautes Alpes, ces basses manœuvres étaient accompagnées de chants : souffla-ti au cuou, iou te soufflou, iou te sufflou …jusqu'à bout de souffle !

Quand ?
Toujours le mercredi des cendres, avant le carême. Les danseurs qui avaient de la cendre sur le front rappelaient que l'homme n'est que poussière. Cette période de l'année est riche en évènements. C'est le début du carême, " carême entrant " dont la contraction donne " caramentran ". La foule déguisée fait le procès d'un mannequin bariolé issu du carnaval qui est le caramentran . Condamné à chaque procès, il est brûlé sur la place du village ou bien noyé dans la rivière ou la mer.

Pourquoi ?
Danse mystique de purification ?
Amusement et défoulement avant le jeûne de quarante jours ?
Libération par le souffle de l'âme des morts portée en nous ?

Toujours est-il que cette danse du soufflet appelée buffatière dans le sud- ouest était une tradition très prisée à une époque pas si lointaine. Il semble que cette tradition se continue dans quelques villages du Tarn et de l'Aveyron. Dans plusieurs communes des Hautes Alpes, les comités des fêtes se sont essoufflés à relancer cette tradition , sans succès. Comme au jeu de dames, souffler n'est pas jouer.

ASPP de Poligny tout droit réservé. CGA A french man in Camargue.