Faune et Flore

La taupe

La taupe

Ce mammifère fouisseur de 15 cm de long qui pèse environ 100 grammes est boulimique. Avec ses 44 dents pointues, la taupe dévore vers, larves, insectes et cloportes.

En 24 heures ce carnivore peut ingurgiter son poids de nourriture. Ce n’est pas un rongeur mais un membre de l’ordre des insectivores. Contrairement aux idées reçues, cette espèce n’est pas hémophile.

Ce petit animal est capable de creuser des tunnels sur des dizaines de mètres en quelques heures. Son domaine de galeries s’étend sur 250 mètres. Sa fourrure épaisse, grise, glissante lui permet de « glisser » dans les tunnels.

La taupe est trapue, boudinée presque cylindrique et cette morphologie favorise sa progression sous terre. La tête est dans le prolongement du corps et se termine par un groin. La bouche est protégée contre la terre par un replis cutané. Les yeux sont minuscules et peu utiles dans le noir car la taupe se déplace en se servant de son ouïe et de son odorat. On dit même que certaines races, dont la taupe américaine sont capables de humer sous l’eau grâce aux terminaisons nerveuses de leur nez « étoilé ».

Le plus spectaculaire chez cet animal est la structure des mains. Les paumes sont dirigées vers l’extérieur, les ongles des cinq doigts reliés par une membrane, sont très longs et permettent d’attraper la terre comme avec une pelle.
Il existe en outre un faux pouce, appendice osseux sans articulation coupant comme un couteau, qui s’insère sur le poignet et qui œuvre comme un sixième doigt. La synchronisation est étonnante : quand une main creuse la terre l’autre tasse la terre des parois pour les consolider et les rendre plus glissantes. Les pattes arrières, petites, sont situées sous le ventre et servent à chasser vers l’arrière la terre fraîchement remuée.

Avec ses dents elle coupe tout ce qui gêne sa progression (racines de plantes, de légumes) Après un bout de parcours, il faut évacuer les déblais. La taupe ouvre un orifice qui communique avec la surface du sol. Après quelques voyages elle évacue vers l’extérieur la terre du tunnel. A l’extérieur ces petits monticules de terre forment une taupinière, de forme conique. Ultérieurement la communication est rebouchée et la progression continue.

La taupe amène les victuailles dans un terrier à environ 50 centimètres sous terre. Celui-ci est agencé de manière originale avec 2 chemins de ronde autour d’une chambre centrale. C’est là que sont entreposées les réserves (surtout des vers). Des galeries permettent des communications entre ces structures. Au centre se trouve le nid constitué de racines et d’herbes sèches entrelacées pour servir d’abri aux bébés. L’ensemble a la forme d’un dôme.

 La vie de couple est très brève. La femelle accueille pendant une heure un mâle et un mois plus tard elle accouche de 2 à 5 petits en mai ou juin. Les enfants sont indépendants en 3 mois et partent creuser d’autres galeries. La taupe vit 3 ans en moyenne

Cette célibataire endurcie est considérée comme nocive car avec ses taupinières elle abîme potagers et autres cultures. De plus, quand elle creuse ses galeries elle coupe toutes les racines qui gênent sa progression.

 Il existait autrefois des « taupiers » municipaux pour étaupiner les champs. A contrario, elle est l’alliée de l’homme car elle dévore les larves des hannetons. Elle est spécialisée dans la destruction des vers blancs et des insectes nuisibles qui vivent sous terre (mille- pattes, larves, limaces principalement). De plus avec ses galeries elle aère la terre et la rend plus fertile.

Comme souvent il s’agit d’une question d’équilibre entre trop ou pas assez de ces mammifères peu sympathiques mais travailleurs infatigables.

Il existe un vieux dicton qui dit : il vaut mieux une taupe dans son jardin qu’un Champsaurin pour voisin !

ASPP de Poligny tout droit réservé. CGA A french man in Camargue.