Métiers d'autrefois

Scieurs de long

Scieurs de long

Les scieurs de long débitent avec une scie parfois appelée « bambane » des troncs d’arbre dans leur longueur donc dans le sens du fil du bois. Ce métier est pratiqué depuis des millénaires et la profession fut reconnue au XV° siècle.

Ce dur métier était souvent pratiqué par des itinérants italiens ou de l’Europe de l’Est (Yougoslaves surtout). Arrivés dans la forêt, ils construisaient une cabane appelée « loge » dans laquelle ils vivaient durant les travaux. Souvent ils n’avaient comme bagages que le strict minimum : un sac en jute et une musette. Leurs instruments, cognées et lames de scies étaient entourés de chiffons enduits de gras. Ils conservaient soigneusement le lard à l’abri des rongeurs dans des étuis en hêtre.

Cette technique de coupe à la scie de long nécessite des connaissances techniques longues à acquérir, une grande force physique et une endurance hors du commun.

Le travail se fait à deux, les scieurs de long ont des appellations traditionnelles : le chevrier en haut, le renardier en bas.

La préparation commence par la fabrication d’une chèvre à longue queue et la fixation de la chaîne d’amarrage qui va maintenir la bille à débiter.

 

Une fois la chèvre en place, stable, il faut affûter la scie (niargue). Cette scie haute comme un homme est formé d’un cadre en bois, au milieu duquel est fixée une lame large dentelée. Dans la partie supérieure il y a une poignée qui se tient à 2 mains pour guider la lame.

L’affûtage de la lame conditionnait la facilité et l’efficacité de son utilisation. Pour faciliter la glisse, les lames étaient enduites de graisse de porc. On raffûtait chaque jour.

 

Le plus difficile était de bien équarrir la bille et de l’aligner puis de la chaîner sur la chèvre. La bille dépasse la chèvre de ses deux tiers. Cette position impose de retourner la bille pour couper le tiers initialement fixé.

 

Les traits de la scie étaient tracés avec des cordelettes noircies à la cendre. Cette scie ne mordait le bois qu’en descendant. Le chevrier debout sur la bille guidait la lame tout en reculant. Cette position inconfortable leur valait le surnom d’écureuil ou de singe. Le renardier (ou renard ou patron) en bas, tirait la lame et recevait donc la sciure malgré des protections type un grand chapeau ou un sac sur la tête. La lame est démontable ce qui permet de la retirer quand elle est coincée et ce malgré la mise en place de coins pour maintenir écartées les deux berges.

 

Ces travailleurs de force débitaient des poutres pour les charpentiers, des planchers pour les menuisiers, des traverses pour les chemins de fer. Selon les régions ils taillaient des étais pour les mines, des limonières pour les charrons. Les dimensions variaient selon les besoins, les poutres de maison dépassaient parfois les dix mètres.

.

L’apparition des camions a permis d’acheminer les grumes vers la scierie voisine, qui les débitait en série. L’avènement des scieries mécaniques qui s’installaient temporairement sur les zones de coupe a entraîné la disparition de ce si beau métier.

ASPP de Poligny tout droit réservé. CGA A french man in Camargue.